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La narration, le récit, la retranscription… et le point de vue !

La narration, le récit, la retranscription... et le point de vue !

Blind_men_and_elephant2L’écriture engendre inévitablement des moments d’hésitation. Il faut tâtonner, prendre des décisions et décider des éléments qui structurent le texte; choisir un style de narration, la personne du narrateur, des temps… faire figurer des détails dans le texte ou en notes de bas de page… sont autant de questions auxquelles il faut répondre pour construire son texte de manière homogène et cohérente, tout en espérant que le lecteur y trouve lui aussi son compte.

Mais il est une chose autrement plus essentielle que les qualités littéraires de votre texte : la vérité des faits relatés. Or en cette matière, qu’il s’agisse de souvenirs racontés ou de faits reconstitués grâce à des recherches généalogiques, tout est une question de point de vue…

Ils étaient 300.000 selon l’organisation et 120.000 selon la police

Nous l’entendons régulièrement au J.T. pour décrire les diverses manifestations qui ont lieu dans nos villes, entre discours officiel et « coup médiatique ». Chacun y trouve sa vérité ou use de son sens critique pour estimer la réalité des faits…  Légitime ou non, il s’agit pour moi de l’illustration que le point de vue oriente la manière dont les faits sont relatés. Pour illustrer ce propos auprès des personnes que je rencontre, j’utilise souvent la parabole de l’éléphant et des aveugles, qui est une fable issue des philosophies indiennes.

« Six hommes d’Inde, très enclins à parfaire leurs connaissances, allèrent voir un éléphant (bien que tous fussent aveugles) afin que chacun, en l’observant, puisse satisfaire sa curiosité. Le premier s’approcha de l’éléphant et perdant pied, alla buter contre son flanc large et robuste. Il s’exclama aussitôt : « Mon Dieu ! Mais l’éléphant ressemble beaucoup à un mur! ». Le second, palpant une défense, s’écria : « Ho ! qu’est-ce que cet objet si rond, si lisse et si pointu? Il ne fait aucun doute que cet éléphant extraordinaire ressemble beaucoup à une lance ! ». Le troisième s’avança vers l’éléphant et, saisissant par inadvertance la trompe qui se tortillait, s’écria sans hésitation : « Je vois que l’éléphant ressemble beaucoup à un serpent ! ». Le quatrième, de sa main fébrile, se mit à palper le genou. « De toute évidence, dit-il, cet animal fabuleux ressemble à un arbre ! ». Le cinquième toucha par hasard à l’ oreille et dit : « Même le plus aveugle des hommes peut dire à quoi ressemble le plus l’éléphant ; nul ne peut me prouver le contraire, ce magnifique éléphant ressemble à un éventail ! ». Le sixième commença tout juste à tâter l’animal, la queue qui se balançait lui tomba dans la main. « Je vois, dit-il, que l’éléphant ressemble beaucoup à une corde ! ». Ainsi, ces hommes d’Inde discutèrent longuement, chacun faisant valoir son opinion avec force et fermeté. Même si chacun avait partiellement raison, tous étaient dans l’erreur. »

Le point de vue de la narration

Quelle que soit votre application à ne relater que des faits vécus ou vérifiés, le récit de votre histoire personnelle ou familiale n’échappera probablement pas à la règle. Votre sensibilité, vos opinions induiront parfois une distorsion de point de vue entre vous et certains de vos lecteurs, et c’est ainsi.

D’autant que plus le sujet sera sensible du point de vue familial, plus les réactions pourront être nombreuses. Lors de l’écriture, demandez-vous simplement parfois si certaines choses doivent être dites.

Mon conseil : assumez votre point de vue et ne vous trahissez pas. En « ménageant la chèvre et le chou » vous risqueriez d’attenter à la cohérence de votre texte. Néanmoins il est des sujets sensibles qui méritent parfois d’être passés sous silence.

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