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Noms de famille : Orthographe & Cousinages

Noms de famille : Orthographe & Cousinages

Pour reconstituer l’origine de son patronyme*, il faut connaître les variantes orthographiques qu’il a subit dans le temps et en analyser les circonstances pour ensuite émettre une hypothèse, qui peut être conforté par un dictionnaire étymologique. Cela apprend également qu’au cours de recherches généalogiques, il faut privilégier la valeur phonétique du nom avant tout et ne pas se cantonner à une orthographe stricte lorsqu’on est à la recherche d’informations.

Beaucoup de noms de famille ont de multiples orthographes, qui en font des variantes très semblables et qui peuvent évoquer un lien, même lointain de parenté : Baillet et Bailliet sont-ils cousins ? Dupond et Dupont ont-ils la même origine ? Voici des pistes pour explorer les méandres des origines de votre nom de famille.

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L’origine du nom de famille

Imaginez : “C’est Jean… Jean, qui ? Le vieux ? Le jeune ? Le second fils du boucher ? ou celui qui habite la clairière ?”
Le fait de porter un nom de famille serait apparut en raison de la croissance démographique et du besoin grandissant de différencier les membres des familles au quotidien. Cet usage n’est pas très ancien et remonterait, selon les historiens, au XIIe siècle.

La vie à cette époque était centrée autour du village, où pendant longtemps l’usage d’un prénom avait suffit. Lorsque, dans la culture orale, l’ajout d’un “nom de famille” s’est imposé, c’est naturellement le qualificatif habituel des conversations qui s’est fixé, avant de se transmettre aux générations suivantes.
Pour ces raisons, beaucoup de noms de famille ont été attribués sur la base d’une caractéristique différenciante des individus par rapport aux autres. Le physique, l’âge, le caractère, … le métier aussi ou encore le lieu d’origine ou d’habitation ont été à la base de nombreux patronymes existants encore aujourd’hui. Ajoutez-y de nombreux autres évocations et la langue locale de l’époque et vous obtenez l’immense diversité expliquant qu’aucun dictionnaires d’étymologie ne pourra jamais être complet.

Dans la culture écrite, l’utilisation des noms de famille a commencé à être systématisée en 1539 par François 1er et son ordonnance de Villers-Cotterêts, qui a imposé aux curés de tenir un registre des baptêmes célébrés dans leurs paroisses.

L’usage de l’écriture bien longtemps réservé au clergé et à la noblesse ne subissait aucune règle quant à l’orthographe ou la langue utilisée. Au gré de la fantaisie du curé, le registre pouvait s’écrire en vieux français, en latin, voire même en langue locale. Johann pouvait donc se substituer à Jean; Petrus à Pierre; et tout cela en phonétique.

C’est lorsque l’état-civil est devenu obligatoire pour tous les citoyens après la Révolution, que les noms de famille devaient voir leur orthographe se figer. Pourtant on considère qu’il aura fallu presqu’un siècle pour que l’on voit cette règle réellement systématique.

Au détour de recherches dans des registres anciens, j’ai pu constater des cas qui démontrent que la fixation de l’orthographe d’un nom n’est que le fruit d’une succession de hasards divers et qu’il est difficile de juger à priori de l’origine d’un nom.

  • Deux frères nés quelques années avant la révolution, ont vu leur nom s’écrire respectivement “Binet” et “Biner” dans les registres du curé. Lors de leurs mariages quelques années plus tard, ils sont tombés face à des officiers de l’état civil rigoureux qui ont repris tel quel l’orthographe mentionnés dans les actes de baptêmes. Leurs enfants ayant hérité de cette variante orthographique, cette différence d’orthographe a traversé les siècles jusqu’à nous, avec pourtant une origine identique avérée.
  • Le cas d’une femme née vers 1850, pourtant bien après la mise en place de l’état civil, qui a vu écrire son nom avec une orthographe différente à chaque fois qu’elle figurait sur un acte d’état civil.
  • Ou encore, le cas d’un homme né avant la révolution près de Perpignan, puis ayant émigré à Valenciennes ou son nom en –ELL est devenu EILL, dans le probable but de conserver la prononciation en  “eille” de l’orthographe catalan. Beaucoup de cas de nom de famille connu aujourd’hui, sont issus d’une déformation nécessaire lors de l’arrivée dans un nouveau lieu, et notamment pour les migrants d’Afrique du Nord qui ont souvent vu leur patronyme francisé à l’arrivée en France.

Mais attention la ressemblance orthographique ne fait pas tout ! Je l’ai expérimenté moi-même avec la branche patronymique issue du Finistère et tenté pendant longtemps de faire un lien avec les porteurs du nom “Guidou” bien plus nombreux dans l’Yonne, et il s’est avéré que malgré l’orthographe identique, leurs origines sont bien différentes.

Et vous, quelle est l’histoire de votre nom de famille ?* Sachez que lorsque l’enfant nait de père inconnu, il porte un “matronyme”. L’utilisation du “patronyme” comme strict synonyme de “nom de famille” est donc un abus de langage.

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